L’ONU alerte sur la prolifération des armes illégales en Haïti

L’Organisation des Nations unies (ONU) tire la sonnette d’alarme sur l’escalade de la violence en Haïti. Dans un rapport publié le jeudi 27 mars 2025, elle met en garde contre la prolifération des armes illégales, qui alimente un chaos grandissant dans le pays.

Entre juillet 2024 et février 2025, Haïti a enregistré plus de 4 200 morts et 1 356 blessés, victimes des affrontements incessants entre gangs et forces de l’ordre. Selon l’ONU, cette flambée de violence est orchestrée en grande partie par la coalition criminelle « Viv Ansanm », active depuis 2023.

Mais la menace ne vient pas uniquement des gangs. L’essor des groupes d’autodéfense, qui appliquent leur propre justice expéditive, inquiète également. En novembre dernier, au moins 77 individus soupçonnés d’appartenir à des gangs ont été lynchés à Port-au-Prince après une tentative d’attaque contre une communauté.

De son côté, la répression policière s’avère tout aussi meurtrière. L’ONU recense plus de 2 000 personnes abattues par les forces de l’ordre en huit mois, soit une augmentation de 60 % par rapport à la période précédente. Si 73 % des victimes étaient liées aux gangs, 27 % étaient des civils, souvent pris dans des tirs croisés ou victimes d’exactions.

Une police fragilisée par la corruption
Le rapport met en lumière une situation préoccupante au sein de la Police nationale haïtienne (PNH), gangrenée par la corruption et le trafic d’armes. Près de 1 000 armes auraient disparu de ses arsenaux ces quatre dernières années, certaines se retrouvant entre les mains des gangs.

Les organisations criminelles s’approvisionnent également auprès de sociétés de sécurité privée, profitant d’un marché noir florissant. Selon l’ONU, entre 270 000 et 500 000 armes illégales circuleraient dans le pays, rendant la situation quasi ingérable. Faiblement équipée, en sous-effectif et minée par la corruption, la police peine à contenir cette prolifération.

Une intervention internationale en péril
L’aide extérieure, censée soutenir les autorités haïtiennes, rencontre de sérieux obstacles. La mission kényane, déployée pour renforcer la sécurité, peine à atteindre son plein effectif. À ce jour, seuls 40 % des 2 500 agents initialement prévus sont présents sur le terrain. L’assassinat récent de deux policiers kényans par des gangs a encore fragilisé cette intervention.

Ce rapport de l’ONU illustre une fois de plus l’ampleur de la crise sécuritaire haïtienne. Tant que le trafic d’armes restera hors de contrôle, le pays risque de s’enfoncer davantage dans un cycle infernal de violence et d’instabilité, s’inquiète l’ONU.

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