
Une coalition de défense des droits des migrants, soutenue par les gouvernements haïtien et vénézuélien, a lancé une offensive judiciaire pour contrer la décision de l’administration Trump de mettre fin au statut de protection temporaire (TPS). Cette mesure, si elle est appliquée, pourrait expulser près de 850 000 personnes originaires de ces deux pays, plongeant des milliers de familles dans l’incertitude.
Lors d’une audience tenue lundi à San Francisco, les avocats des plaignants ont demandé à un juge fédéral de bloquer immédiatement l’ordonnance de Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure sous Trump, qui prévoit la révocation du TPS pour les ressortissants haïtiens et vénézuéliens.
Les arguments avancés
- Motifs discriminatoires : Les avocats estiment que cette décision repose sur des préjugés racistes et une politique anti-immigration excessive.
- Excès de pouvoir : Ils affirment que Noem outrepasse ses attributions, d’autant que l’administration Biden avait prolongé le TPS de 18 mois pour ces bénéficiaires.
- Danger pour les famille : Le retour forcé vers Haïti ou le Venezuela exposerait des milliers de personnes à des violences, crises économiques et instabilités politiques.
José Palma, coordinateur de la National TPS Alliance (principale organisation à l’origine de la plainte), a dénoncé une mesure “illégale et inhumaine”. “Le TPS n’est pas juste un papier, c’est une bouée de sauvetage. Révoquer ce statut, c’est condamner des familles à retourner dans des situations dangereuses”, a-t-il déclaré.
En 2018, une première tentative de l’administration Trump pour supprimer le TPS avait été annulée par la justice. Aujourd’hui, des organisations influentes comme l’ACLU, le National Day Laborer Network et la Haitian Bridge Alliance se mobilisent à nouveau.
Quelles conséquences en cas de révocation?
- Pour les Haïtiens (environ 500 000 concernés) : Retourner dans un pays en proie à l’insécurité gangrenée et à une crise humanitaire.
- Pour les Vénézuéliens (350 000 personnes) : Renvoyer des exilés dans une nation toujours secouée par des sanctions économiques et une instabilité politique.
Le juge doit maintenant statuer sur la demande d’injonction. Si les plaignants obtiennent gain de cause, le TPS pourrait être prolongé temporairement, le temps qu’un débat plus approfondi ait lieu.
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