
Un an après la mise en place de l’Accord du 3 avril 2024, le Bureau de Suivi de l’Accord de Montana (BSA) lance de graves accusations contre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Selon le BSA, le CPT a trahi les principes et engagements de cet accord, plongeant ainsi le pays dans une crise encore plus profonde.
Dans une note publiée ce jeudi 3 avril 2025, le BSA dénonce le fait que le CPT ait complètement écarté les principes de l’Accord du 3 avril et gouverne sur la base d’un décret qui ne fait aucune mention de cet accord.
Un accord porteur d’une vision, mais abandonné
L’Accord du 3 avril 2024 visait à rétablir l’ordre constitutionnel, assurer la sécurité, entreprendre des réformes institutionnelles et constitutionnelles, et préparer des élections démocratiques. Il avait également pour objectif de lutter contre la corruption et l’impunité, mettre fin au gaspillage des ressources de l’État et restaurer la dignité des victimes de violences.
Mais selon le BSA, au lieu d’appliquer l’accord, le CPT a choisi de s’allier à l’ancien gouvernement pour modifier la direction de la transition sans tenir compte des engagements pris dans l’Accord du 3 avril. « Ils ont orchestré un coup d’État contre l’accord », accuse le BSA.
Un bilan catastrophique
D’après le BSA, l’échec du CPT ne se limite pas à une simple question politique, mais il a des conséquences humaines et sociales dramatiques. Selon les chiffres avancés dans la note publique, plus de 6 000 personnes ont été tuées dans des violences, des femmes et des jeunes filles continuent d’être victimes de viols, des quartiers entiers sont ravagés, plus d’un million de personnes ont été déplacées, et la corruption gangrène toujours plus le pays.
« Une nouvelle gouvernance doit avoir une mission de sauvetage national et de rétablissement de la paix comme premier objectif, avant d’aboutir à des élections démocratiques », affirme le BSA dans sa déclaration.
Un appel à la démission du CPT
Le BSA accuse le Conseil Présidentiel de Transition de ne pas répondre aux revendications du peuple et de collaborer avec les chefs de gangs armés. C’est pourquoi il exige la démission immédiate du CPT et du gouvernement en place.
Dans son communiqué, le BSA est sans équivoque : « Le CPT doit partir ! » Il appelle à une concertation pour établir une nouvelle gouvernance ayant pour mission de restaurer la paix et de conduire le pays vers des élections démocratiques.
Alors que le BSA lance cet appel, une question demeure : les acteurs politiques répondront-ils ? Et si oui, quel type de transition pourrait être mis en place sans provoquer une nouvelle crise politique ?
Dans un climat de violence, d’instabilité et d’incertitude, Haïti cherche une issue viable. Les mouvements de résistance se renforcent et la population attend une lueur d’espoir. Le BSA parviendra-t-il à mobiliser suffisamment de soutien pour contraindre le CPT à quitter le pouvoir ? Les prochains jours seront déterminants.
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