Faut-il une transition dans cette transition ?

Par : Decollines Miche keder
PDG d’Echo Haïti News

Le rôle d’une transition, c’est de gérer, de manière temporaire, les affaires courantes d’un État après des événements majeurs tels que la guerre, la révolution ou l’effondrement de ses structures. Ainsi, cette transition assure la continuité de l’État en établissant un climat sécuritaire afin d’organiser des élections libres pour une nouvelle équipe légitime. Chaque transition se définit donc par rapport aux événements qui l’ont fait naître.

Après la mort du président Jovenel Moïse, Haïti est plongée dans une période où les sociétés politico-civiles expérimentent différents types de transitions, comme des génies créateurs de ce concept. D’Ariel Henry à Alix Didier Fils-aimé, en passant par nos fameux neuf présidents, nous continuons de marquer l’histoire après l’épopée de 1803.

Près de cinq ans après, nous pataugeons de transition en transition, pendant que l’établissement d’un État sécuritaire, qui devrait être au cœur des priorités, n’est toujours pas abordé ou reste mal abordé. Près de cinq ans après, le référendum demeure lettre morte. Près de cinq ans après, l’amendement de la Constitution ou la naissance d’une nouvelle Constitution reste un espace d’enrichissement illicite, pendant que Tunelp Delpe pleure encore dans sa tombe pour une conférence nationale.

Pendant que plus de 70 % de la population vit au seuil de pauvreté, pendant que le salaire minimum reste figé dans une misère salariale, les nouveaux riches défilent et arpentent tous les secteurs de la société. De nouveaux barons de la presse se faufilent en cartier du macadam à la haute société, des chefs de partis ou plutot de particuliers se saoulent du sang du peuple. Un peuple qui arpente les carrefours en scandant « TWA FÈY, twa rasin » pour enfin voir de LESPWA à travers une VERITE, mais malheureusement les Préval font prévaloir leurs droits.

Il est temps pour une concertation des fils légitimes de Dessalines afin de mettre un terme aux usurpateurs qui se disent « pitit Desalin » et qui grappillent de table en table dans ce buffet où l’on consomme l’espoir de ce peuple. Des contrats de 10, 15, 30 ou même 100 ans sont le prix du festin des Gargantua, et LAVALAS lava lassement les mains pour exposer la ruse.

En 2008, un baril de pétrole se vendait à 130 dollars US. Aujourd’hui, il se vend entre 109 et 115 dollars US. Quel était le prix du gallon à la pompe en 2008 et quel est-il aujourd’hui ? Il fut un temps où un fameux ministre de la Planification et de la Coopération externe, celui qui, selon les dires de certains, avait cambriolé le Parlement en apportant un générateur, affirmait qu’avec les bénéfices du carburant nous allions construire des routes, des hôpitaux et des écoles.

Aujourd’hui, ces infrastructures sont aussi fictives que les vingt stades du PHTK. Si nous avons raté le train du planificateur Aviol Fleurant, missionnaire de Dieu, on attend aujourd’hui celle qui marche sans drap comme Paul au mont Sinaï pour planifier un avenir. Mais, courage, nous planifions.


Le corps de Jovenel Moïse longeant la table bien épicée, et le Fils-Aîné de tous se tient en maestro, définissant le tempo, le rythme et assurant la cohésion de l’orchestre, pendant que les partis politiques, la société civile, la classe des affaires, la presse et les organisations des droits de l’homme se délectent de ce buffet somptueux. Peut-être que la transition débutera à la fin du repas.

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