Haïti ferme sa frontière aux importations étrangères via la République Dominicaine

Dans une décision aux implications majeures pour le commerce transfrontalier, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a annoncé ce mercredi 26 avril 2025, une interdiction stricte. Aucune marchandise étrangère ne pourra entrer en Haïti via la République dominicaine. À compter du 7 avril 2025, tous les produits en provenance de l’étranger devront transiter exclusivement par voie maritime et être traités par les bureaux de douane haïtiens compétents.

L’objectif de cette mesure est clair : mieux encadrer les flux commerciaux et limiter les fraudes douanières aux postes-frontières terrestres. Pour garantir son application, le MEF a ordonné aux bureaux de douane concernés de saisir toute marchandise entrant illégalement dans le pays. L’Administration générale des douanes (AGD) devra travailler en étroite collaboration avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FADH) pour assurer une surveillance stricte de la frontière selon les autorités gouvernementales.

Le gouvernement ne compte pas se contenter d’un simple avertissement. Le MEF a prévenu que toute violation de cette directive entraînera des sanctions administratives et, si nécessaire, des poursuites judiciaires. « Le non-respect de la présente circulaire expose les contrevenants à des sanctions administratives, sans préjudice des sanctions pénales prévues par les lois en vigueur », stipule la circulaire signée par Alfred Fils Métellus, ministre de l’Économie et des Finances.

Une décision qui s’inscrit dans un climat de tensions

Cette interdiction survient alors que les relations commerciales entre Haïti et la République dominicaine sont de plus en plus tendues. En redirigeant les importations vers les ports, le gouvernement haïtien entend renforcer son contrôle douanier et limiter les pratiques frauduleuses qui échappaient jusqu’ici à l’État.

Si cette mesure pourrait accroître la souveraineté économique d’Haïti, elle risque aussi de ralentir les échanges et d’affecter les commerçants qui dépendaient de cette route commerciale contrebandière issue de la République Dominicaine.

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